
Afrique–Europe : après les déclarations de Macron, l’URN appelle à un partenariat fondé sur la vérité et l’équité
L’organisation URN HITAMWONEZA demande à la Belgique d’ouvrir ses archives sur le passé colonial et plaide pour une révision des relations économiques entre l’Afrique et l’Europe.
Par la rédaction d’URN HITAMWONEZA
25 octobre 2026
Les relations entre l’Afrique et l’Europe traversent une période de profondes transformations. Les tensions entre la France et plusieurs pays du Sahel, ainsi que les débats sur l’exploitation des ressources africaines, relancent une question centrale : le partenariat entre les deux continents peut-il encore reposer sur les anciens rapports de force ?
Le 23 avril 2025, dans un entretien accordé à TV5MONDE, le président français Emmanuel Macron s’est exprimé sur la dégradation des relations entre la France, le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Il a notamment affirmé que la France avait payé « le prix de la mauvaise gouvernance politique » au Sahel.
Ces propos ont suscité de nombreuses réactions en Afrique et ont ravivé le débat sur la présence historique de la France et de l’Europe sur le continent. Plusieurs pays africains réclament aujourd’hui une coopération fondée sur le respect de leur souveraineté, de leurs intérêts économiques et de leurs choix politiques.
Des ressources africaines encore insuffisamment valorisées
L’Afrique dispose d’importantes ressources naturelles, parmi lesquelles l’uranium, le pétrole, le gaz, l’or, le cobalt, le cuivre, le cacao, le café et le bois. Pourtant, une grande partie de ces matières premières est encore exportée sans transformation suffisante.
Cette situation limite la création d’emplois et la valeur ajoutée sur le continent. Dans de nombreux cas, les produits sont transformés à l’étranger avant d’être revendus à un prix beaucoup plus élevé sur les marchés internationaux.
Pour l’URN HITAMWONEZA, cette situation doit évoluer. Les ressources africaines doivent être commercialisées dans le cadre de contrats transparents, équilibrés et respectueux des populations locales. L’organisation estime également que les pays producteurs doivent renforcer leurs capacités de négociation et développer leurs propres industries.
La responsabilité ne repose toutefois pas uniquement sur les partenaires étrangers. Les États africains doivent aussi améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption, publier les contrats miniers et énergétiques et investir dans l’éducation, les infrastructures et la transformation locale.
L’URN demande un dialogue avec la Belgique
Dans une lettre ouverte référencée 017/URN/2026, l’URN HITAMWONEZA s’adresse au Premier ministre du Royaume de Belgique. L’organisation demande l’ouverture d’un dialogue régional consacré à l’histoire commune, à la sécurité et à l’avenir des relations entre la Belgique et les peuples de la région des Grands Lacs.
La lettre demande notamment un accès élargi aux archives belges, régionales, religieuses et internationales relatives à la période coloniale et à l’administration du Ruanda-Urundi.
Selon l’URN, une étude indépendante devrait examiner les politiques administratives, scolaires et sociales mises en œuvre durant cette période, ainsi que leurs effets sur les institutions, les identités et les relations entre les communautés.
L’organisation propose la création d’une commission historique composée de chercheurs burundais, rwandais, congolais, belges et internationaux. Son mandat, ses méthodes et ses conclusions devraient être publics.
Établir les faits sans accusations collectives
La lettre évoque également plusieurs événements historiques et politiques qui continuent de susciter des interrogations dans la région, notamment l’assassinat du prince Louis Rwagasore, la mort du roi Mutara III Rudahigwa et l’assassinat de Patrice Lumumba.
L’URN demande que ces dossiers soient examinés à partir des archives, des témoignages et des documents disponibles. Elle précise toutefois que les responsabilités doivent être établies au terme d’enquêtes indépendantes et qu’aucune communauté ne doit être tenue collectivement responsable des actes de certains individus ou groupes.
Cette position est également appliquée à la situation actuelle dans l’est de la République démocratique du Congo. L’organisation appelle à la protection de tous les civils, à l’accès humanitaire et à des enquêtes impartiales sur les violations présumées du droit international humanitaire.
Vers une nouvelle relation entre les deux continents
Pour l’URN HITAMWONEZA, la transformation des relations entre l’Afrique et l’Europe doit s’appuyer sur trois principes : la vérité historique, la justice économique et le respect de la souveraineté des États africains.
L’Afrique ne devrait plus être considérée uniquement comme un fournisseur de matières premières. Elle doit pouvoir transformer ses ressources, créer des emplois et conserver une part plus importante des revenus générés par ses richesses.
De son côté, l’Europe est appelée à privilégier un partenariat fondé sur l’égalité, le transfert de technologies, la formation, l’investissement productif et des échanges commerciaux plus équitables.
L’Afrique ne demande pas la charité. Elle demande que ses ressources soient reconnues à leur juste valeur et que son histoire soit étudiée avec rigueur et honnêteté.
URN HITAMWONEZA
hitamwukuri.org
Note de la rédaction : les propos d’Emmanuel Macron mentionnés dans cet article renvoient à son entretien avec TV5MONDE du 23 avril 2025. Les positions exprimées dans la lettre ouverte représentent celles de l’URN HITAMWONEZA. Les allégations historiques et sécuritaires doivent être vérifiées à partir d’archives, d’enquêtes indépendantes et de sources fiables.