Crise au Sahel : Comment l’Union Africaine Sabote ses Propres Chances avec Ndayishimiye
En nommant le président burundais, perçu comme un pyromane dans sa propre région, l’UA envoie-t-elle un pompier ou un accélérateur de crise ?
La désignation du Président burundais, Évariste Ndayishimiye, comme Envoyé Spécial de l’Union Africaine pour le Sahel n’est pas seulement une décision surprenante, c’est une insulte à l’intelligence des peuples sahéliens et un aveu tragique de l’impuissance de l’Union Africaine. Analyser les faits, non pas à travers le prisme de la propagande officielle, mais avec l’œil critique de la réalité, révèle une vérité implacable : Évariste Ndayishimiye n’a ni la crédibilité, ni les compétences, ni la posture requises pour une telle mission. Il est le mauvais homme, au mauvais endroit, pour les mauvaises raisons.
1. L’Expérience d’un “Bâtisseur de Paix” qui n’a pas Construit la Paix chez Lui
Présenter le Président Ndayishimiye comme un “praticien de la paix” est une distorsion grossière de la réalité. S’il a bien hérité d’un pays en crise, il préside aujourd’hui une nation où la paix est une façade maintenue par la peur.
- Une “paix” de surface : La “paix” dont se targue le régime burundais est l’absence de guerre ouverte, mais pas la présence de la sécurité ou de la justice. Les rapports des organisations de défense des droits humains continuent de documenter des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et l’intimidation systématique de toute voix dissidente par les Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir. C’est une paix de cimetière, imposée par la force, et non une paix durable fondée sur la confiance et la réconciliation.
- Un modèle de répression, pas de dialogue : Exporter ce “modèle” au Sahel serait une catastrophe. Les acteurs sahéliens ont-ils besoin d’un expert en gestion de milices partisanes ou d’un médiateur capable de favoriser un dialogue inclusif ? La réponse est évidente.
2. La Fermeté d’un Dirigeant qui Confond Souveraineté et Isolement
Qualifier la fermeture unilatérale de la frontière avec le Rwanda de “décision souveraine” est une tentative de masquer un échec diplomatique cuisant.
- L’aveu d’impuissance : Un dirigeant fort et sûr de lui ne ferme pas ses frontières ; il utilise la diplomatie, les renseignements et les mécanismes régionaux pour gérer les menaces. La fermeture est l’arme des faibles, un acte d’isolement qui punit son propre peuple et viole les engagements pris au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).
- L’antithèse du médiateur : Comment un homme qui a choisi l’escalade et la rupture avec son voisin direct peut-il prétendre aller prêcher le dialogue et la coopération régionale à des milliers de kilomètres de là ? C’est un manque de cohérence total qui anéantit toute sa crédibilité avant même qu’il n’ait commencé sa mission. Il a prouvé qu’il était incapable de résoudre un conflit régional ; le charger d’en résoudre un autre, bien plus complexe, est absurde.
3. Le Déni comme Outil Politique : L’Affaire des Soldats en RDC
L’épisode des soldats burundais capturés en RDC et reniés par leur propre gouvernement est peut-être le clou dans le cercueil de sa crédibilité. Un médiateur dont la parole n’est pas fiable est un médiateur inutile. En niant une évidence, le Président Ndayishimiye a montré qu’il était prêt à sacrifier la vérité pour des calculs politiques à court terme. Cette malhonnêteté est rédhibitoire. Les factions au Sahel ne pourront jamais faire confiance à un homme qui a publiquement renié ses propres soldats.
Conclusion : Le Masque Tombe, l’UA au Service de Maîtres Étrangers
En fin de compte, cette nomination en dit plus long sur l’Union Africaine que sur Ndayishimiye lui-même. Elle confirme le cynisme d’une organisation qui fonctionne comme un club de dirigeants se protégeant mutuellement, déconnectée des réalités et des aspirations des peuples.
Face à une décision aussi indéfendable, URN HITAMWONEZA demande avec insistance que l’on cesse de se voiler la face. Cet acte n’est pas une simple erreur, mais une preuve manifeste que l’Union Africaine, dans sa forme actuelle, ne travaille pas pour l’Afrique, mais qu’elle représente les intérêts des colons et de leurs alliés. En choisissant un candidat aussi manifestement inapte, l’UA ne fait pas preuve de “vision panafricaniste”, mais d’un mépris pour les victimes du conflit sahélien.
Il ne faut pas s’y tromper : cette mission est vouée à l’échec. Elle servira tout au plus à offrir quelques voyages diplomatiques au Président burundais, mais elle n’apportera ni paix, ni sécurité au Sahel. C’est une manœuvre de communication qui se soldera par une nouvelle désillusion, confirmant une fois de plus que pour l’Union Africaine, les apparences comptent plus que les résultats.