Construction illégale à Kibenga : Un cas emblématique de l’impunité au Burundi

Construction illégale à Kibenga : Un cas emblématique de l’impunité au Burundi

Introduction

Le Cœur du Conflit : Une Construction qui Défie la Loi

Jean Bosco Nsengiyumva, présenté comme un membre influent du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, a choisi d’ériger sa résidence au numéro 19 de l’Avenue du Large, en plein milieu d’une voie publique. Il est à noter que Jean Bosco Nsengiyumva n’aurait pas d’adresse officielle. Ce problème a débuté en octobre 2021. Nsengiyumva Jean Bosco aurait falsifié des documents d’identification de la mairie et ne paierait pas d’impôts fonciers, utilisant son influence auprès des autorités communales. De plus, la REGIDESO aurait illégalement fourni de l’électricité et de l’eau à cette construction, ce qui est formellement interdit. Cette décision a des conséquences directes et préjudiciables pour son voisin, Mme Bizindavyi Fabiola. Les eaux de ruissellement provenant de la nouvelle construction s’écoulent directement dans la propriété de Bizindavyi, provoquant des inondations récurrentes et des dommages matériels. Malgré les appels à l’aide de Mme Bizindavyi, aucune solution n’a été apportée à ce jour. La réponse de Nsengiyumva, selon laquelle d’autres personnes auraient également construit illégalement dans la zone, ne fait qu’aggraver le sentiment d’impunité et de deux poids deux mesures. Il est à noter que d’autres voisins affectés par les eaux de cette maison située dans la rue ont dû fuir leurs domiciles. Ce matin même, Jean Bosco Nsengiyumva a fait venir la police pour arrêter Mme Fabiola, une situation qui soulève de vives inquiétudes quant à l’intimidation des victimes.

Le Silence des Autorités et les Questions en Suspens

Cette affaire soulève de sérieuses interrogations quant au rôle et à la responsabilité des autorités burundaises. Malgré l’implication du Ministre de l’Infrastructure et de l’Aménagement du Territoire, ainsi que du commissaire de l’OBUHA, aucune action concrète n’a été entreprise. Ils auraient même refusé de se rendre sur les lieux pour constater l’ampleur du problème. Les questions suivantes demeurent sans réponse :

•Les autorités locales sont-elles informées de cette situation ? Si oui, pourquoi aucune mesure n’a-t-elle été prise pour faire respecter les règles d’urbanisme et protéger les droits des citoyens ?

•L’Office Burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du Territoire (OBUHA) a-t-il mené une enquête sur cette construction illégale ? L’OBUHA est l’organisme chargé de veiller au respect des normes de construction et d’aménagement du territoire. Son silence ou son inaction dans ce dossier est particulièrement préoccupant.

•Comment concilier cette situation avec les déclarations du Président de la République sur le manque de justice ? Le chef de l’État a récemment souligné l’absence de justice dans le pays. Le cas de Kibenga semble malheureusement confirmer cette observation, où des citoyens influents semblent bénéficier d’une impunité totale.

Les Conséquences d’une Justice à Deux Vitesses

L’inaction face à de telles violations de la loi envoie un message dangereux à la population. Si les constructions illégales dans les espaces publics ne sont pas sanctionnées, cela pourrait créer un précédent et encourager d’autres citoyens à faire de même. L’article met en garde contre un scénario où des constructions anarchiques pourraient apparaître dans des lieux publics tels que les stades, les centres de santé, ou même d’autres routes, transformant le paysage urbain en un chaos incontrôlable.

L’organisation URN HITAMWONEZA a d’ailleurs lancé un appel pressant aux autorités, exhortant la justice àprendre ses responsabilités et à rendre justice aux citoyens, afin qu’ils puissent retrouver leur dignité. Elle insiste également sur la nécessité pour les autorités de traiter tous les citoyens de manière équitable, sans distinction.

Conclusion et Appel à l’Action

Le cas de la construction illégale à Kibenga est un symptôme d’un problème plus vaste : l’érosion de l’État de droit et la perception d’une justice inégale au Burundi. Il est impératif que le gouvernement agisse avec fermeté et transparence pour résoudre cette situation et restaurer la confiance du public dans les institutions. La vigilance est de mise, car l’absence de mesures correctives pourrait ouvrir la voie à une anarchie urbaine où chacun se sentirait libre de construire où bon lui semble, au détriment de l’intérêt général et de la sécurité publique.

L’URN HITAMWONEZA, par son appel, met en lumière l’urgence d’une intervention. Le gouvernement doit être (vigilant) et s’assurer que de tels actes ne se reproduisent plus, afin de préserver l’ordre public et de garantir un environnement juste et équitable pour tous les Burundais.

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