Burundi : Entre Libérations Sélectives, Opacité Minière et Faillite Économique – La Position de l’URN HITAMWONEZA
L’actualité politique au Burundi est marquée, en ce mois de mars 2026, par des développements significatifs qui interpellent tant l’opinion nationale qu’internationale. Alors que le pays s’enfonce dans une crise socio-économique sans précédent et que l’insécurité regagne du terrain, la libération provisoire de l’ancien Premier ministre, le Général Alain-Guillaume Bunyoni, survenue ce 11 mars 2026, jette une lumière crue sur les paradoxes d’un système à bout de souffle.
La Libération de Bunyoni : Un Signal Politique ou Humanitaire ?
Le Général Alain-Guillaume Bunyoni, autrefois figure centrale du régime CNDD-FDD, a bénéficié d’une mesure de libération provisoire pour des raisons de santé. Condamné à la prison à perpétuité en décembre 2023 pour des chefs d’accusation graves, notamment la tentative de renversement du gouvernement, sa sortie de la prison centrale de Gitega marque un tournant. Bien que présentée sous un angle humanitaire, cette décision souligne l’injustice flagrante envers les centaines d’autres prisonniers dont l’état de santé est tout aussi préoccupant mais qui restent oubliés derrière les barreaux.
Opacité Minière : Les Coulisses de l’Accord de Washington
Pendant que les Burundais luttent pour leur survie, le gouvernement a conclu, ce 10 mars 2026 à Washington, un accord d’exclusivité stratégique pour l’exploitation du gisement de nickel de Musongati. La cérémonie de signature, qui s’est tenue au Département d’État américain, a réuni des figures clés du régime et des intérêts privés internationaux.
L’accord a été signé par le ministre burundais de l’Hydraulique, de l’Énergie et des Mines, Hassan Kibeya, aux côtés de Chris Showalter, PDG de la firme américaine Lifezone Metals. Des représentants de KoBold Metals étaient également présents pour signer un protocole d’accord sur la numérisation des données géologiques du pays. Du côté américain, des officiels comme le conseiller spécial Christopher Kulukundis et Brenda Soya du Bureau des Affaires Africaines ont assisté à l’événement, sous l’égide de la secrétaire d’État adjointe Sarah Troutman.
L’URN HITAMWONEZA dénonce l’opacité totale entourant ces contrats :
•Absence de transparence : Les termes financiers et les retombées réelles pour le peuple burundais restent inconnus, malgré la présence de hauts dignitaires.
•Contraste saisissant : On signe des contrats de millions de dollars à l’étranger alors que le pays manque de devises pour importer les produits de base.
•Risque de pillage : Sans un contrôle citoyen et une justice indépendante, ces richesses risquent de ne profiter qu’à une petite élite au pouvoir, au détriment de la population qui croupit dans la misère.
Une Économie à l’Agonie : Le Calvaire du Carburant
Le quotidien des Burundais est aujourd’hui dicté par une pénurie chronique de carburant qui paralyse le pays. En ce mois de mars 2026, les stations-service sont désespérément vides, et le prix de l’essence sur le marché noir a atteint des sommets vertigineux, dépassant parfois cinq fois le prix officiel. Cette pénurie entraîne une inflation galopante sur les produits alimentaires, plongeant la majorité de la population dans une pauvreté extrême.
Le Retour de l’Insécurité et des Découvertes Macabres
Parallèlement à la crise économique, un climat de peur s’installe à nouveau. Ces dernières semaines, plusieurs découvertes macabres ont été signalées. Le 3 mars 2026, le corps de Luc Nsambayiruka (77 ans) a été retrouvé dans un caniveau sur la colline Kivuvu. Le 6 mars 2026, les corps sans vie d’une femme et d’un enfant ont été découverts au bord de la rivière Rusizi à Rugombo. D’autres cas de corps retrouvés, notamment dans la rivière Gikoma en périphérie de Bujumbura, témoignent d’une recrudescence de la violence et d’une impunité persistante.
Conclusion : L’Appel de l’URN HITAMWONEZA pour une Justice Équitable
L’URN HITAMWONEZA observe avec une indignation profonde ces manœuvres de libération sélective et ces signatures de contrats miniers opaques alors que le peuple meurt de faim et d’insécurité. Si la santé d’un prisonnier comme Bunyoni est un motif de clémence, il est impératif que cette même clémence s’étende à tous ceux qui croupissent injustement dans les geôles burundaises.
“Nous constatons une asymétrie flagrante. Pendant que des dignitaires du régime comme le ministre Hassan Kibeya signent des contrats miniers à Washington, le peuple burundais est pris en otage par une pénurie de carburant et une insécurité croissante.”
L’URN HITAMWONEZA réaffirme sa position : tous les prisonniers politiques, ainsi que ceux incarcérés suite à la crise de 2015, doivent être libérés sans condition. Il est inacceptable de maintenir ces individus en prison alors que les dirigeants actuels, par leur incapacité à gérer les ressources nationales, à fournir du carburant et à assurer la sécurité, portent une responsabilité bien plus lourde dans la détresse nationale.
Pour l’URN HITAMWONEZA, la véritable réconciliation nationale ne passera pas par des libérations de complaisance ou des contrats miniers secrets, mais par un changement radical de gouvernance. Les erreurs et les fautes de ceux qui dirigent aujourd’hui surpassent largement les actes reprochés à ceux qui sont derrière les barreaux. Le Burundi a besoin de transparence, de pain et de sécurité pour tous.
URN HITAMWONEZA
Pour la Renaissance et la Vérité au Burundi