ALERTE URGENTE : MENACES IMMINENTES SUR LA VIE DE CLÉMENT NKURUNZIZA, DÉTENU À LA PRISON DE NGOZI AU BURUNDI
Par URN HITAMWONEZA
À l’attention des organisations de défense des droits humains, des ambassades, des institutions internationales et de la communauté mondiale,
Nous lançons un appel d’urgence d’une gravité sans précédent concernant la situation critique de Clément Nkurunziza, détenu arbitrairement à la prison de Ngozi, au Burundi, depuis mars 2018. Des informations extrêmement alarmantes, reçues d’une source fiable et proche de la direction de la prison, indiquent que la vie de Clément Nkurunziza est en danger immédiat et que des actions concrètes sont planifiées pour le faire disparaître.
Menaces directes et risque de transfert forcé : Une situation de vie ou de mort
La situation a pris une tournure dramatique. Suite à des allégations formulées par Clément Nkurunziza concernant la disparition de prisonniers, le directeur de la prison de Ngozi aurait proféré des menaces directes et glaçantes à son encontre. Selon des témoignages récents et vérifiés, le directeur aurait déclaré que ces allégations ne l’intimidaient aucunement et que Clément Nkurunziza pourrait « suivre » les autres détenus disparus à tout moment. Ces propos sont d’autant plus inquiétants qu’ils auraient été accompagnés de remarques à connotation ethnique, suggérant que si Clément Nkurunziza se considérait comme le seul Tutsi, il en sortirait pour que d’autres restent. Ces paroles ne sont pas de simples menaces verbales ; elles sont une déclaration d’intention macabre, révélant une volonté manifeste de nuire.
Ces menaces sont corroborées par une mise en garde sérieuse : Clément Nkurunziza a été informé, par une source interne fiable, qu’il risque d’être extrait de la prison sous le prétexte fallacieux d’un « transfert ». En réalité, il serait emmené par la police ou le Service National de Renseignement (SNR) vers un sort inconnu et potentiellement fatal. Cette méthode, connue sous le nom de « disparition forcée », est une pratique documentée au Burundi pour éliminer les voix dissidentes. La surveillance constante dont il fait l’objet, avec des individus le suivant partout dans la prison, confirme la préparation de cette opération. L’urgence est absolue : Clément Nkurunziza lui-même a exprimé qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps, soulignant la nécessité d’une intervention immédiate et décisive.
Rappel des faits : Une détention arbitraire prolongée et une injustice flagrante
Clément Nkurunziza, ancien leader étudiant respecté et défenseur des droits, est détenu arbitrairement depuis le 22 mars 2018. Son calvaire a commencé dès sa déportation des États-Unis vers le Burundi. Son arrestation, survenue sans mandat et en présence d’agents américains de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), a marqué le début d’une détention illégale qui dure depuis plus de sept ans. Durant toute cette période, il n’a eu aucun accès à un avocat et n’a jamais été jugé, en violation flagrante du droit burundais et des conventions internationales relatives aux droits humains, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et la Convention contre la torture.
Son exil en 2015 faisait suite à son appel au président de l’époque de ne pas briguer un troisième mandat, un acte de courage civique qui a été perçu comme une dissidence. Le contexte politique tendu de l’époque a plongé le Burundi dans une crise émaillée de violences et de violations massives des droits humains. Les allégations, non prouvées et instrumentalisées par des partisans du gouvernement burundais, concernant son implication dans des meurtres d’étudiants dans les années 1990, ont servi de prétexte à sa déportation et à sa détention prolongée, sans qu’aucune enquête indépendante ou procès équitable ne vienne étayer ces accusations. Il est clair que sa détention est politiquement motivée et vise à le réduire au silence.
Conditions carcérales alarmantes au Burundi : Un environnement propice aux abus
La situation de Clément Nkurunziza est aggravée par les conditions carcérales déplorables au Burundi. Les rapports d’organisations nationales et internationales, telles qu’Amnesty International, Human Rights Watch, et les rapports du Département d’État américain, dépeignent un tableau alarmant : surpopulation chronique, manque criant de soins médicaux, insalubrité, corruption endémique, et violences régulières. Ces conditions sont souvent qualifiées de « mortelles » et constituent une violation directe des droits des détenus à la dignité, à la santé et à la vie.
Des incidents tragiques, comme l’incendie de la prison centrale de Gitega en 2021 qui a coûté la vie à 38 détenus, sont des rappels brutaux de la dangerosité de ces lieux de détention. De plus, des allégations persistantes de tortures, de mauvais traitements et même d’exécutions extrajudiciaires de prisonniers politiques ou d’opposants présumés sont régulièrement rapportées par des organisations de défense des droits humains. Ces pratiques, souvent imputées aux services de renseignement, à la police et aux milices liées au parti au pouvoir, créent un climat de peur et d’impunité au sein des établissements pénitentiaires. Dans ce contexte, les menaces proférées contre Clément Nkurunziza doivent être prises avec le plus grand sérieux.
Le rôle ambigu des États-Unis et la responsabilité internationale
L’implication des États-Unis dans la déportation de Clément Nkurunziza soulève des questions éthiques et légales importantes. Comment un pays qui se veut le champion des droits humains peut-il déporter un demandeur d’asile vers un pays où sa vie et sa liberté sont manifestement menacées, et ce, en présence de ses propres agents ? Cette action a eu des conséquences directes et dramatiques pour Clément Nkurunziza, le livrant aux autorités burundaises qui l’ont immédiatement incarcéré sans respecter les procédures légales. Cette déportation a placé les États-Unis dans une position de co-responsabilité morale et politique face au sort actuel de Clément Nkurunziza.
Les États-Unis ont une responsabilité impérieuse de suivre de près le sort de Clément Nkurunziza et d’user de leur influence pour exiger sa libération. Leur inaction jusqu’à présent est perçue comme un abandon et une contradiction flagrante avec les valeurs qu’ils prétendent défendre. Il est impératif que Washington réévalue son rôle dans cette affaire et prenne des mesures concrètes pour rectifier cette injustice, notamment en intervenant directement pour sa protection.
Appel urgent à l’action : Chaque minute compte
Face à cette situation inacceptable et à la menace imminente qui pèse sur Clément Nkurunziza, un appel urgent est lancé à la communauté internationale, aux organisations de défense des droits humains, et aux gouvernements, en particulier celui des États-Unis et de l’Union Européenne, pour qu’ils agissent sans délai :
1.Intervention immédiate et directe : Exiger des autorités burundaises la protection immédiate de Clément Nkurunziza et la cessation de toute menace à son encontre. Cela inclut des communications directes avec le Président Évariste Ndayishimiye et le directeur de la prison de Ngozi, Christian Sibomana.
2.Garanties contre le transfert forcé : Demander des garanties formelles que Clément Nkurunziza ne sera pas transféré de force et qu’il aura accès à un avocat de son choix et à un procès équitable, conformément aux normes internationales.
3.Pression diplomatique et sanctions : Exercer une pression diplomatique accrue pour sa libération immédiate et inconditionnelle. Des sanctions ciblées contre les responsables impliqués dans la détention arbitraire et les menaces contre Clément Nkurunziza devraient être envisagées.
4.Visites d’observateurs indépendants : Dépêcher d’urgence des observateurs indépendants, notamment du CICR, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ou d’organisations comme International Bridges to Justice, pour visiter Clément Nkurunziza à la prison de Ngozi et s’assurer de son intégrité physique et mentale, ainsi que des conditions de sa détention.
5.Assistance juridique d’urgence : Mobiliser des avocats et des organisations juridiques (comme le Barreau de Bujumbura, APRODH, ASF) pour fournir une assistance juridique immédiate et contester la légalité de sa détention et des menaces.
6.Sensibilisation et mobilisation continue : Maintenir la visibilité du cas de Clément Nkurunziza à travers les médias et les réseaux sociaux, afin de mobiliser l’opinion publique et d’exercer une pression constante sur les autorités burundaises.
La vie de Clément Nkurunziza est en jeu. Chaque minute compte. Nous vous prions d’agir sans délai pour éviter une tragédie et faire respecter les droits fondamentaux de cet homme. Le silence et l’inaction ne sont pas une option.
Contacts utiles :
APRODH (Association Burundaise pour la Protection des Droits Humains et des Personnes Détenues)
•Email: aprodh@hotmail.com ; contact@aprodh.org
•Téléphone: +257 79 92 31 35
Amnesty International (contacts généraux)
•Téléphone (Royaume-Uni): +44-20-74135500
•Téléphone (États-Unis): 1-800-AMNESTY (1-800-266-3789)
•Email (États-Unis): aimember@aiusa.org
Human Rights Watch (contacts média)
•Téléphone (New York): +1-212-216-1832
Ambassade des États-Unis au Burundi
•Téléphone: +257 22 20 7000 (ext. 7225)
•Téléphone d’urgence après les heures de bureau: +257 79 938 841
•Email (Services aux citoyens américains): BujumburaACS@state.gov
•Email (Affaires publiques): burundipublicaffairs@state.gov
Délégation de l’Union Européenne au Burundi
•Email: delegation-Burundi@eeas.europa.eu
•Téléphone: +257 22 20 22 00
Comité international de la Croix-Rouge (CICR) – Burundi
•(Rechercher le contact local si possible, sinon le contact général du CICR)
Barreau de Bujumbura / Ordre des Avocats de Bujumbura
•Email: cea.barreau.burundi@gmail.com
•Téléphone: +257 22 24 39 45
Nous restons à votre disposition pour toute information complémentaire et pour coordonner les actions.